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Cheikh Ibra Faty MBacké
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CHEIKH IBRA FATY MBACKÉ : LE GARDIEN DE L'HORTHODOXIE MOURIDE

Cheickh Ibra Faty, le gardien de l'orthodoxie mouride

  Né le quinzième jour du mois de GAMOU de l’année 1289   de l’Hégire (entre 1862 et 1863) à Porokhane en 1862, il   est plus connu sous le nom de MAME THIERNO   BIRAHIM. L’appellation de « Ndamal Darou » a fini par   s’imposer. Normal ,pourrait-on dire, car MAME THIERNO   BIRAHIM était petit de taille, d’une belle prestance, et   toujours souriant. Fils de SERIGNE MAME MOR ANTA   SALI MBACKE et de SOKHNA FATY ISSA DIOP ,sa   venue au monde coïncida avec la période de   pacification colonial de l’Afrique Occidentale Française   (AOF) .Fidèle lieutenant de son illustre frère SERIGNE   TOUBA auprès de qui il fit ses humanités ,MAME   THIERNO ,comme l’a du reste rappelé SERIGNE   MOUSSA KA dans ses poèmes, a soutenu et épaulé   SERIGNE TOUBA comme AROUN l’avait fait pour son   frère prophète MOISE.

  Après la mort de son père MAME MOMAR ANTA SALY, il a   été élevé et formé sur le plan moral et intellectuel par   son illustre frère CHEIKH AHMADOU BAMBA. Conscient   du fait que MAME THIERNO devait occuper une place de   choix dans le dispositif qu’il doit mettre en place pour   rencontrer la miséricorde divine, SERIGNE TOUBA cultiva   très tôt chez lui les vertus que sont le courage, la   dignité, et l’abnégation. Bref, il incarna l’exemple type   de la soumission absolue à DIEU.
  MAME THIERNO BIRAHIM ne s’est jamais séparé de   CHEIKH AHMADOU BAMBA, il a été plusieurs fois son   interprète préféré auprès des autorités coloniales. Ce   qui lui valut d’ailleurs l’honneur et le privilège de le   représenter, au mois d’AOUT 1895, devant l’autorité   colonial.

Doté d’un savoir encyclopédique modelé à l’école de SERIGNE TOUBA, c’est à lui qu’incomba l’éducation des enfants de son frère alors déporté au GABON que sont MOUHAMADOU FALILOU,MOUHAMADOU MOUSTAPHA et MOUHAMMDOUL BASSIROU . Aussi veilla-t-il avec maestria, tact et surtout doigté à ce que la famille du Cheikh, composée de sa progéniture et de ses disciples, ne se départit, ne serait-ce que d’un iota, de l’esprit et de la lettre des enseignements du Cheikh. C’est d’ailleurs de là que lui est venu son titre de gardien de l’orthodoxie mouride que tout le monde lui reconnaît. Vouant une profonde admiration à SERIGNE TOUBA à qui il donnait de fortes sommes d’argent en guise d’ »adiya », n’ayant d’autre référence que le livre saint, MAME THIERNO était de cette race de soufis qui avait su maintenir l’équilibre entre ces deux pôles aux exigences hélas contradictoires que sont le spirituel et le temporel. Les mondes intelligible et sensible, comme diraient sans doute les philosophes.

Il a fondé plusieurs villages dans le CAYOR où l’on cultivait chaque année plusieurs tonnes de mil et d’arachide destinées à la famille de KHADIMOU RASSOUL .Les plus célèbres de ses villages furent KOSSO et THIOUNKOLI.Partageant son temps entre les champs et les « daara »,ne tolérant aucune dérogation aux règles édictées par le Cheikh, MAME THIERNO a créé plus de 90 villages autour de sa résidence de DAROU MOUHTY et élevé au grade de « Cheikh » plus d’une centaine de personnes.

IBRA FATY MBACKE mourut au mois d’AOUT 1943 à DAROU MOUSTI , un village qu’il fonda en 1912 sur l’ordre de son marabout CHEIKH AHMADOU BAMBA.